Biographie

Né à Boulogne-sur-Seine, Jean ROCHÉ a grandi entre sa mère, Denise RENARD, qui dessinait et jouait du violoncelle, et son père, Henri-Pierre ROCHÉ, collectionneur de tableaux et écrivain, notamment auteur du roman Jules et Jim, porté à l’écran par François TRUFFAUT.

Dès l’âge de 2 ans, Jean aime passionnément la nature et les petites bêtes. Il constitue un herbier, puis fait une collection de papillons. Sa chambre est remplie d’aquariums et de terrariums, dans lesquels il élève tritons, salamandres, crapauds et grenouilles.

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Pendant la guerre, la famille ROCHÉ s’installe à Dieulefit, dans la Drôme. Jean y découvre le monde fascinant des insectes du midi, et lit avec passion les 10 volumes des Souvenirs Entomologiques du grand entomologiste J. H. FABRE. Il essaie de faire les mêmes observations sur le terrain.

De retour à Sèvres, la lecture d’un livre de Jean ROSTAND lui donne envie de rencontrer l’auteur. Il lui écrit, le savant biologiste répond, et l’invite dans son laboratoire de Ville d’Avray. Ils joueront aux échecs ensemble pendant plusieurs années, au laboratoire ou au Club d’Échecs de Ville-d’Avray. Jean ROSTAND encourage Jean à aller observer la vie animale sur le terrain, et lui passe aussi des commandes de crapauds et de grenouilles pour ses expériences.

Avec l’argent gagné, grâce à ces commandes, Jean fait l’acquisition d’une caméra 16 mm Pathé-Webo, et part filmer des scènes de la vie des insectes en Provence, dans le Var.

Revenu l’hiver suivant à Paris, Jean montre ses flms à Jean PAINLEVÉ, qui dirige l’Institut de Film Scientifique. PAINLEVÉ l’envoie participer au Festival du Film Scientifique de Paris, puis à celui de Bruxelles. Jean obtient un succès d’estime pour la beauté de ses images. François TRUFFAUT les découvre à son tour, les aime, et décide d’en faire un documentaire sous le titre de Vies d’Insectes, pour accompagner le film Jules et Jim.

Jean se lance alors dans la photo animalière, réalisant une série de diapositives sur les insectes, les batraciens et les oiseaux. PARIS-MATCH lui consacre un article de dix pages, ainsi que la revue RÉALITÉS. Avec l’argent de ces articles, Jean s’achète un matériel de prise de son relativement portable (80 kilos quand même…). Il commence, le printemps suivant, à enregistrer les oiseaux en Camargue et en Provence.

À l’automne, il monte à Paris avec ses premiers sons, et sonne à la porte de tous les éditeurs de disques. Presque toujours mal reçu, il trouve cependant un accueil chaleureux auprès d’André CLERGEAT, directeur artistique chez PACIFIC. Quatre disques noirs, de 25 cm, seront édités en deux ans.

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Le premier, Oiseaux en Camargue, se vend à près de 10.000 exemplaires dans l’année, et obtient le Grand Prix du Disque de l’Académie Charles Cros, catégorie documentaires. Trois autres disques sont publiés, mais bientôt PACIFIC disparaît, et aucun éditeur n’acceptera de poursuivre la série.

Jean se décide alors à produire seul, à compte d’auteur, un Guide Sonore des oiseaux de France en 27 disques 45 tours. La série complète sort entre 1964 à 1966. En même temps, Jean entreprend ses premiers grands voyages, d’abord au Maghreb, puis aux Antilles, puis dans le monde entier.

Dans les années 70, Jean s’intéresse aussi à l’enregistrement de musiques, jazz et classique, et de contes pour enfants, et devient éditeur de disques. Il fait aussi des stages de prise de son nature, pour les amateurs et les classes de lycée, partageant avec un grand plaisir son savoir faire.

En 1985 Jean crée la SARL SITTELLE – Éditions des Voix de la Nature. SITTELLE éditera d’abord des cassettes, puis des CD audio, et enfin des cédéroms. Plusieurs collections sont proposées :

  • Les Guides Sonores pour aider à identifier les oiseaux à l’oreille
  • Les Paysages Sonores évocations en stéréophonie vraie des différents milieux de la planète
  • Les Grands Virtuoses dédiée aux plus beaux chants d’oiseaux.

D’autres guides sonores suivront, sur les grands mammifères, les amphibiens et les insectes.

Jean ROCHÉ crée en 1990 le Centre d’Etudes Bioacoustiques Alpin (CEBA).
Le CEBA fabrique et distribue des matériels spécialisés pour l’enregistrement dans la nature et l’étude des chauves-souris et des insectes (qui émettent des ultrasons  : détecteurs-transcodeurs) : réflecteurs paraboliques, et détecteurs-transcodeurs.
Le CEBA s’équipe d’un studio de son moderne, et d’une bibliothèque ornithologique assez complète sur les oiseaux du monde entier. Il organise des expéditions à travers le monde, constituant petit à petit une des banques de données bioacoustiques des plus importante d’Europe.


Jean se sépare de SITTELLE et du CEBA en 2010, pour travailler de nouveau en solitaire. Il continue à produire des CD, tout en se consacrant à nouveau à la photo.
Ses photos – essentiellement les jeux de la lumière et de l’eau, en pleine nature – ressemblent à des peintures impressionnistes, et deviennent parfois totalement abstraites.

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